Tronc commun   |  Première année |  Deuxième année

Examen blanc pour candidats au régional, par Mme Fatiha Kerzazi

 

Examen blanc: épreuve de français( 2006/2007)

      Une terreur mortelle s'empara de moi quand je vis s'avancer leur troupe. Après avoir été témoin de leur cruauté, je pensais qu'ils allaient effectuer un massacre général.
Les chasseurs, tous des gorilles, marchaient en tête. Je remarquai qu'ils avaient abandonné leurs armes, ce qui me donna un peu d'espoir. Derrière eux, venaient les servants et les rabatteurs, parmi lesquels il y avait un nombre à peu près égal de gorilles et de chimpanzés. Les chasseurs paraissaient les maîtres et leurs façons étaient aristocratiques. Ils ne semblaient pas animés de mauvaises intentions et s'interpellaient de la meilleure humeur du monde.
En vérité, je suis si bien accoutumé aujourd'hui aux paradoxes de cette planète que j'ai écrit la phrase précédente sans songer à l'absurdité qu'elle représente. Et pourtant c'est la vérité! Les gorilles avaient des airs d'aristocrates. Ils s'interpellaient joyeusement en langage articulé et leur physionomie exprimait à chaque instant des sentiments humains dont j'avais vainement cherché la trace chez Nova. Hélas! Qu'était-il advenu de Nova? Je frémis en évoquant l'allée sanglante. Je comprenais maintenant l'émoi que lui avait causé la vue de notre chimpanzé. Il existait certainement une haine farouche entre les deux races. Il suffisait pour s'en convaincre de voir l'attitude des hommes prisonniers, à l'approche des singes. Ils s'agitaient frénétiquement, ruaient des quatre membres, grinçaient des dents, l'écume à la bouche, et mordaient avec rage les cordes du filet.
Sans prendre garde à ce tumulte, les gorilles chasseurs- je me surpris à les appeler des seigneurs- donnaient des ordres à leurs valets. De grands chariots, assez bas, dont la plate forme était constituée par une cage, furent avancés sur une piste qui se trouvait de l'autre côté du filet. On nous y enfourna, à raison d'une dizaine par chariot, opération qui fut assez longue, car les prisonniers se débattaient avec désespoir. Deux gorilles, les mains recouvertes de gants de cuir pour éviter les morsures, les saisissaient un par un, les dégageaient du piège et les jetaient dans une cage, dont la porte était vite repoussée, tandis qu'un  des seigneurs dirigeait l'opération, appuyé avec nonchalance sur une canne.
Quand mon tour vint, je voulus attirer l'attention sur moi en parlant. Mais à peine avais-je ouvert la bouche qu'un des exécutants, prenant sans doute cela pour une menace, m'appliqua avec brutalité son énorme gant sur la face. Je fus bien obligé de me taire et fus jeté comme un ballot dans une cage, en compagnie d'une douzaine d'hommes et de femmes, encore trop agités pour faire attention à moi.

                                                                                                 Pierre Boule, La Planète des singes  

Compréhension et technique de l'expression: 10points

1) Situez le texte dans l'œuvre.
2) a-  Quel est le genre de cette œuvre?
b- Quel est le type de ce texte.
3) Présentez les personnages de ce passage.
4) De quel paradoxe parle le narrateur dans le passage souligné.
5) Il s'agit de quel chimpanzé dans le troisième paragraphe.
6) Qu'est-il arrivé au narrateur? Où s'est-il retrouvé en fin de compte?
7) Ce texte est mené par quel type de focalisation?
8) Déterminez dans la phrase suivante le comparé, le comparant et l'outil de comparaison.
" Je fus bien obligé de me taire et fus jeté comme un ballot dans une cage"
9) Relevez du texte une hyperbole.
10) Mettez la phrase suivante au discours indirect:
" Je comprends aujourd'hui, la réaction de Nova" a dit Mérou.

Production écrite:10points

Ecrivez dans l'un des  sujets suivants:
Sujet 1:"Racontez un souvenir d'enfance."
Sujet 2: " Etes-vous pour ou contre la peine de mort? Justifiez "